Aéroport de Genève : heure du départ pour cette destination tant rêvée et presque irréelle, le Groenland. Nous aimerions y être d’un seul coup d’aile de guillemot mais un petit bonjour aux éoliennes de Copenhague sera nécessaire (au fait, avons-nous compensé nos émissions de CO2 ?) Embarquement le lendemain pour Kangerlussuaq, point d’entrée à Kalaallit Nunaat « le pays des Groënlandais » . Le temps d’apprécier l’excellent service d’Air Greenland, voilà que nous dépassons l’Islande et que l’écran de notre A330 indique enfin l’approche de la côte orientale et ses fjords la plupart du temps pris par les glaces, habitat possible de l’ours polaire. La traversée de l’inlandsis duquel émerge des sommets est magique : nous y voilà ! Surprise pour certains, le Groenland n’est pas qu’une immense calotte de glace débonnaire… Premières photos d’un paysage extraordinairement pur et atterrissage. Sortie de l’avion et pris par la majesté hivernale des lieux, inspiration profonde de l’air cristallin à – 10° sur la passerelle. Nous envoyons nos cartes postales et décolons en Dash 7 à hélices vers Maniitsoq « l’irrégulière » qui accueille 2 000 bœufs musqués et port d’attache de notre refuge flottant pour 7 jours. L’avion, entièrement rouge, adresse un clin d’œil au soleil du drapeau national groenlandais. Embarquement sur l’ancien navire des garde-côtes en compagnie de l’aquttoq « capitaine » Jess et deTim et dégustation dans un restaurant local d’une savoureuse et copieuse assiette de crevettes et saumon. Le lendemain, après une courte navigation, nous faisons nos premiers 1 200 m de dénivelé sur un itinéraire enchaînant les montées à peaux ou ski sur le sac et les descentes qui nous permet de rejoindre un autre bras de fjord où le zodiac, fidèle taxi, nous attend. Emerveillement devant le paysage grandiose de création du monde que nous avons pu contempler de haut pour la première fois. Levez l’encre ! moteur ! nous naviguons vers nos 1 360 m de la deuxième journée avec final en crampons. Elégant et rassurant ballet de Jess et Tim manoeuvrant le Kissavik et le zodiac de concert pour protéger notre retour sur le fjord un peu agité. 6 jours pendant lesquels les rêves deviennent réalité se succèdent trop vite avec des descentes incroyables face au glaciers se jetant dans la mer au milieu des pics alpins. Silence des skis traçant des virages de carte postale… On ralentit la descente pour faire durer le plaisir avant de revenir sur les grèves, ponctuées de chandelles de glace. Superbe ascension, à la trace volontaire, de 1 800 m pour rejoindre un sommet que nous nommons « sans nom ». Là-haut tout est fabuleux à 360° et perte de vue. Vivent les appareils numériques ! Le Groenland est connu pour ses vents qui peuvent être violents et de fait , dans la descente, un faux plat nous obligera à pousser sur les bâtons pour avancer ! Le rythme des émotions va crescendo et notre avant-dernier jour nous réservera une surprise magnifique avec montée d’un col de 900 m mais suivie d’une descente tout simplement magique en face et le long des glaciers. Leurs séracs d’un bleu profond nous laissent sans voix. La neige est excellente. Nous remettrons les peaux pour rejoindre le Kissavik et son sulisut « équipage » qui nous attendent paisiblement à quelques mètres du fond du fjord encore gelé. Que du bonheur, pas un nuage de la journée, une belle navigation au milieu du pack dérivant et l’occasion de remercier Pierre, notre guide, pour cette belle semaine qu’il nous permet de vivre. Efforts et réconforts : les bières laissées sur le pont du bateau, réfrigérateur gratuit, ont un goût singulier ! la douche bien chaude, hublot grand ouvert, avec le défilement majestueux des glaciers ; les produits de la mer, cabillauds et soles, pêchés grâce à Pierre et Bernard qui se « tiraient la bourre » pour notre plus grand bonheur ! La mer, ce sont aussi le vent, les vagues et lors d’une navigation de liaison entre deux spots, certains d’entre nous n’eurent pas le temps de prendre les sacs plastiques ! Meriannguvunga « j’ai le mal de mer» ! En résumé, Umiatsiarneq nuannerpoq « ce fut un beau voyage »… dont on peut ne pas revenir le même. L’occasion d’imaginer ce qu’a peut-être ressenti, un jour, ce Danois rencontré à l’aéroport de Kangerlussuaq, qui retournait enseigner dans la classe unique d’une dizaine d’enfants sur sa petite île isolée de la côte ouest groenlandaise. Qujanaq Pierre et Odyssée Montagne !!!
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