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   L'Indus-vue-de Skardu-Baltistan-Pakistan
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Ascension du Spantik  - 01/08/2008 - Mireille Ribiere
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2 août, départ de Nice…, plein de questions tournent dans ma tête : mon équipement sera-t-il suffisant, la forme sera-t-elle au rendez vous, l’équipe, qui sont ils ?... Stress probablement normal qui s’estompera au fil du temps.
Paris : rencontre avec le reste de l’équipe. Une question en moins, de ce coté là tout ira bien.
Puis envol pour Londres et Islamabad.
Arrivée … Les portes s’ouvrent sur une foule masculine, drôle d’impression pour moi que d’être l’objet de tous ces regards curieux … Chaleur étouffante. Nous faisons la connaissance d’Amin, notre sirdhar.
Après être passés à l’hôtel,  on tente une ballade au bazar de Rawalpindi, mais sous 45° ça n’a rien d’agréable.

Dès le lendemain, nous partons en direction de Skardu, que nous atteindrons après 2 jours de minibus, en partie sur l’impressionnante KKH, et le long du non moins impressionnant Indus… 2 jours ponctués  de sensations fortes, de passages vertigineux, et de longues heures d’attente lors des éboulements, fréquents sur ces routes.
C’est à Skardu que nous retrouvons le reste du staff : le cuisinier, les porteurs d’altitude…
L’acheminement jusqu’à Arandu, point de départ du trek, se fait en jeep : 140km, 7 heures de pistes où il faut avoir le cœur bien accroché, dans des jeep dont l’âge et le vécu ne font aucun doute… L’expérience des chauffeurs non plus d’ailleurs, ceux-ci étant également experts en mécanique, allant jusqu’à réparer la fuite de liquide de frein avec du lait… Il suffit d’y croire très fort, et ça marche !

Au réveil, une armée de porteurs arrive à notre point de bivouac. 60 porteurs, les hommes d’Arandu, nous rejoignent pour le transport de nos charges.
Il nous faudra 3 journées de marche pour rejoindre le camp de base (4350m). A chaque bivouac, les médecins de l’équipe reçoivent un défilé de porteurs venus consulter pour leurs divers bobos, et recevoir la médecine magique à laquelle ils n’ont que difficilement accès…
Le dernier jour de marche se fera sur le glacier.
Du glacier, nous apercevons le camp de base multicolore : nous ne serons pas la seule expé, loin de là !
Nous ne sommes pas encore arrivés au camp de base que nous croisons les porteurs, déjà sur le chemin du retour…

Après une journée d’installation et de repos : portage et installation du camp 1 (5080m) où la neige nous accueille. Pas long, mais bon sang que c’est dur quand on n’est pas encore bien acclimaté…
Le lendemain repos au camp de base. Puis, nous repartons pour le camp 1, et nous y passons la nuit. Il a encore neigé durant la nuit. Le matin la neige continue de tomber, et le brouillard nous empêche de profiter des paysages magnifiques.
Alors que les autres expés redescendent au camp de base, nous restons ici la journée et la nuit suivante pour nous acclimater. Le ciel se dégage le soir, et laisse apparaître une mer de sommets impressionnants, et au loin, le Spantik… Il est prévu de faire un portage au camp 2 (5480m) le lendemain.
Le matin nous retardons un peu notre départ à cause de la neige qui continue de tomber. Puis nous voilà partis pour le camp 2. Le parcours est « vallonné » et pas trop difficile. Quelques expés sont déjà installées, nous montons 2 tentes et y laissons de la nourriture, puis nous redescendons au camp de base. Un super repas nous attend, comme tous les jours au camp de base. Il faut dire que nous avons une équipe cuisine assez extraordinaire : « the best cook in Pakistan », nous avait dit Amin. Effectivement, nous avons eu droit à une variété de plats excellents, avec une présentation et un service digne d’un grand restaurant !

Le lendemain, journée de repos, car nous tenterons le sommet les jours suivants.  
18 août : départ pour le camp 1 en début d’après midi. La montée se fait plus rapide, et moins douloureuse : on sent les bienfaits de l’acclimatation !
19 août : départ pour le camp 2 à 6h30. Le temps est magnifique, il fait très chaud.
20 août : départ pour le camp 3 (6380m) à 6h00. Même temps que la veille. Etape longue et difficile, difficulté accentuée par la chaleur. Des cordes fixes sont installées dans les pentes les plus raides. Accrochée à ces cordes, je me dis « plus jamais »….
La vue est dégagée, tout est splendide. Il nous faut environ 6 heures pour atteindre le camp 3.
21 août : tentative sommet. Malheureusement, le beau temps qui nous a accompagné pour la montée nous a abandonné. Brouillard et neige au moment du départ, et tout le long… La forme est là pour tout le monde, sauf pour un de nos porteurs d’altitude, qui reste au camp, malade. Le 2ème, Nisar, est en tête. Il a déjà fait le Spantik, et a à son actif les cinq 8000m du Pakistan.
Malgré ça, impossible de trouver notre route. Aucune trace, car il a beaucoup neigé ces derniers jours, et le brouillard nous empêche de voir à plus de 10 mètres. Vers 7 heures, tandis que le jour se lève, nous prenons la dure décision de faire demi tour… Pas d’autres choix. Les 2 expés qui étaient parties après nous ont déjà fait demi tour. Difficile d’abandonner.
Nous descendons jusqu’au camp de base, et y arrivons vers 19 heures, éreintés. L’ambiance n’est pas au rendez vous.
En fait, cette année le Spantik n’a pas pu être gravi. Maigre consolation.
Pour les staffs pakistanais, par contre, c’est beaucoup de joie… Il n’y a pas eu d’accident, pas de décès. Ils font la fête, chantent, dansent, et nous convient à partager leur joie.
Le lendemain matin, il pleut encore. Nous savons que nous devons prendre une décision d’ici le soir : abandonner ou faire une nouvelle tentative…
Si nous retentons le sommet, il nous faudra partir dès le lendemain matin.
Des heures de discussions… Beaucoup de doutes : notre forme après ces derniers jours, la météo, si difficile à prévoir malgré le routage météo dont nous bénéficions ….
On en arrive au vote. Quelques « non » fermes, d’autres « non » prêts à basculer au « oui » si le départ se fait, des indécisions ……..
Le verdict tombe : nous ne repartirons pas.
L’atmosphère est morose le lendemain. Personne ne parle, et surtout pas des discussions de la veille.
Nous montons récupérer le matos laissé au camp 1.
Les jours qui suivent paraissent longs. Les porteurs n’arrivent que le 26.
Le trek de retour se fera en 2 jours au lieu de 3.
Il nous reste un peu de temps avant le retour en France, donc nous faisons un détour par le Hunza. Amin nous a invité chez lui, à Karimabad. Le Hunza est une jolie vallée, bien agréable.
Puis ce sera le retour sur Islamabad, puis Londres et enfin Paris et Nice.
Que dire… ? L’aventure était belle, mais il reste un léger sentiment de frustration.
Le « plus jamais » promis sur les cordes fixes est oublié depuis longtemps….
Bon, où vais-je aller la prochaine fois ???
 
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