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   50-m-avant-le-sommet-de-l'Elbruz.
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Elbruz - 20/04/2008 - Pierre Schmidt
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Deux ans déjà que nous étions partis traîner nos spatules dans les neiges du Caucase, avec des superbes images de sommets glaciaires et d’énormes possibilités en matière de randonnée à ski.
Après un vol par Moscou, puis une arrivée à Mineralny Vody, nous revoilà au pied de l'ascenseur à véhicules permettant l'accès à la vallée d'Adyrsu où nous allons établir notre camp de base pour la semaine.


Je retrouve notre chalet  tenu par Nina et Sonya, toutes deux excellentes cuisinières et d'une gentillesse sans égale. A notre grande satisfaction, celui-ci a gagné en confort, avec l'aménagement d'un salon et d'une cheminée, mais également de douches et même du chauffage central. Quel luxe !


Nous repartons sur les sommets comme le magnifique Chotchat, le Mestiataou situé sur le frontière Géorgienne, mais aussi le col Garvash, le Koiavganaush et le Gumachi. Bien sûr les possibilités sont vraiment nombreuses, de quoi remplir une bonne dizaine de jours de rando.
Cette année, par contre, les dieux de la météo nous sont moins favorables et le foehn s'est levé dès le deuxième jour, amenant du sable et une douceur incroyable, le tout agrémenté d'un fort vent. Malgré ces conditions devenues difficiles, notre équipe de solides montagnards passera à travers coups de vent et bourrasques de neige, notamment le jour où nous avons traversé sur la vallée d'Adylsou.  Nous retrouvons la basse vallée et notre hôtel grand confort pour une récupération de courte durée puisque le lendemain nous montons au pied de l'Elbruz aux fameux Barrels, à 3700 m.
La montée à l'aide du téléphérique est plus qu'inquiétante vu l'état de délabrement dans lequel il se trouve et chacun prie pour que la cabine reste accrochée au chariot qui fait un bruit incroyable. Du coup au lieu de prendre le télésiège tout aussi délabré, nous montons en peaux de phoque jusqu'aux tonneaux.


La journée de lendemain sera consacrée à l'acclimatation en montant aux rochers "Pastoukov" à 4800 m, offrant une vue incroyable sur tous les grands sommets de la région dont le superbe Ushba.
A l'unanimité, l'équipe décide de louer les services du ratrack pour le lendemain, afin d'écourter la distance entre les Barrels et le sommet, qui est tout de même de 11 km !
Le réveil est fixé à 4H00... La météo n'est pas super, et nous sommes dans les nuages. Nous déposons nos skis aux pieds des rochers Pastoukov car l'enneigement est trop insuffisant pour réaliser l'ascension à ski. Les premiers 400 m se feront dans un brouillard à couper au couteau, et un vent qui forcira au fur et à mesure de notre progression. Néanmoins aux alentours de 5100 m, nous perçons la couche de nuage et le sommet apparaît, augurant une chance de l'atteindre. Nous attaquons la longue traversée menant à la selle située entre les deux sommets sous un vent qui ne cesse d'augmenter, en
contre partie du beau temps ! A la "selle", la force du vent augmente encore du fait de l'effet "venturi" et notre pose sera de courte durée, tant il est difficile de s'abriter. Malgré cela, je décide tout de même de continuer vers le sommet, compte tenu de l'expérience  générale du groupe en haute montagne. La montée de la pente donnant accès au plateau final sera  
plus que périlleuse sous les coups de butoir du vent, mais nous débouchons malgré tout en vu du sommet après une dure bataille. Arrivée à une petite dépression à 100 m du sommet, je me retrouve par terre, déséquilibré par des rafales à plus de 100 km/h, et derrière moi la situation n'est guère plus brillante pour les autres. En clair nous n'arrivons plus à avancer arcboutés sur nos bâtons et nos piolets afin de résister aux assauts du vent. La mort dans l'âme, je décide donc de rebrousser chemin conscient que le retour avec le vent de face sera encore plus périlleux.
Ainsi est et décide la montagne ! Savoir renoncer si près du but est encore plus difficile que d'y arriver, mais ne dit on pas que les meilleures courses sont celles dont on peut parler ?


Nous redescendons dans la vallée avec un petit pincement au coeur,  mais malgré tout satisfait et considérant que nous avons tout de même réussit. Nous retrouvons les bières russes ainsi que les excellents barbecues des restaurants locaux. La météo annonce à nouveau mauvais jusqu'à la fin de la semaine, et je vois mon espoir de faire le Kogutaïbashi s'envoler. Déjà il y a deux ans nous n'avions pas pu le faire à cause de la météo. Ce soir il pleut et nous n'osons même pas envisager un réveil aux aurores pour ce superbe sommet face à l'Elbruz.
5 heures du matin, je me lève pour le pipi du matin, et à ma grande surprise, le ciel est étoilé et la neige est descendue assez bas. Je réveil tout le monde, hôtelier compris et c'est le branle bas le  combat pour essayer de partir vers 6H00. Je vais enfin skier ce superbe sommet. Après une première partie de 400 m dans une belle forêt, nous chaussons les skis pour remonter le superbe vallon menant à l'épaule du Kogutaïbashi Bolshoï.
La partie finale de l'ascension est encore plus belle, dominée par le sommet du Donguzorun à droite avec ses faces impressionnante dignes de nos plus belles parois alpines.
La descente par le vallon nord sera un véritable régal, 1800 m de descente comme on n'en fait rarement  dans une saison de ski. Glacier, vallon encaissé, pente soutenue, canyon, tout y est. Comble du bonheur nous arrivons pile devant le bar de Cheget, où une bonne bière nous attend sur la terrasse, face à notre descente de rêve. Pour nous ce  
sera la plus belle sortie de ce séjour, clôturant à merveille ce voyage attachant à de multiples égards.

 
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